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Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille

Dans les années 1990, Monseigneur Vilnet, évêque de Lille, a rénové la façade ouest de la cathédrale de Notre-Dame de la Treille avec la collaboration de Pierre-Louis Carlier et de l’ingénieur Peter Rice, réalisateur de la Pyramide du Louvre. La grande rosace fut confiée à Kijno. Peter Rice imagina une grande structure en acier dans laquelle la rosace a été insérée avec un portail en bronze du sculpteur Georges Jeanclos.

Pour la rosace Kijno et son équipe, dont les maîtres-verriers Philippe Loup et Jacques Gruber, ont utilisé la technique du verre thermoformé, sans plomb, directement incrusté dans l’acier.

HOMMAGE À KIJNO

Pierre-Louis Carlier est architecte et c'est à ce titre qu'il fut l'un des concepteurs de la façade qui acheva la cathédrale Notre Dame de la Treille à Lille à la fin du XXème siècle, l'édification de l'édifice ayant commencé en 1856. Cette façade est un revêtement en pierre de Soignies (une petite ville francophone de Belgique) soutenu par une ossature métallique. La rosace imaginée par Kijno, un des peintres majeurs de ce dernier siècle qui fit une partie de ses études à Lille, troue d'un œil de lumière cette face. La conception de cette dernière est résolument moderne : outre la rosace de Kijno, il faut aussi signaler le portail en bronze de Jeanclos et le travail de Peter Rice qui contribua à sa réputation de spécialiste des structures en acier…

Pierre-Louis Carlier a profité d'une visite de contrôle de l'ouvrage les 17 et 18 décembre 2015 et de la nacelle motorisée montée sur un camion pour prendre quelques photographies de la cathédrale et de Lille telles qu'on ne les a jamais vues, à l'exception de la rosace qui figure dans divers catalogues comme celui de la rétrospective du peintre en 2000 au Palais des Beaux-Arts de Lille ou celui de l'exposition qui s'est tenue à Assy en 2014, pour ne citer que ceux-là… Car Pierre-Louis Carlier est aussi photographe…

L'intérêt de ce petit album est de montrer à la fois Lille vue des airs, la cathédrale de la Treille telle qu'elle n'a jamais été montrée mais aussi des vues de travail ou de l'envers du décor. Car le travail n'est pas rien et méritait bien quelques images… L'ouvrage est malheureusement hors commerce mais il est un hommage lumineux à Kijno.

Lucien WASSELIN


Note : Pierre-Louis Carlier, architecte : 18 rue Jean Moulin. 59800 LILLE.
(publié dans Texture, revue en ligne, le 22 février 2016)
 
 

Kijno est un témoin de notre temps. Il assimile au plus profond de lui les évènements qui se passent dans le monde pour les resituer dans sa peinture après les avoir imprégnés de sa pensée humaniste. Curieux des découvertes historiques et scientifiques, conscient qu'il est privilégié, il nous fait partager tous les fruits de ses découvertes : c'est un vieux fond chrétien, dit-il qui ne me quittera jamais.Voyage t-il en Chine, avec son fidèle ami Chu Teh Chun, émerveillé par les tumulus impériaux de Xian où 6000 guerriers et chevaux en argile ont été mis au jour, à la stupéfaction des archéologues du monde entier, il en profite pour donner naissance à une suite de plus de 300 toiles où il fait l'analyse des premiers signes de l'art chinois, et commence la série des bouddhas.Voyage t-il dans le temps de son passé gréco-latin, il fait la découverte des "Bronzes de Riace" dont il fait une interprétation impressionnante.

Médusé, comme tout un chacun, par la mise en orbite d'un vaisseau spatial autour de la terre, il imaginera une série d'hommages à Gagarine avant de se lier d'amitié avec l'astronaute Patrick Baudry. Dans ce même registre il témoigne de son admiration pour Galilée dans une toile au titre significatif "Et pourtant elle tourne" que j'ai eu la joie d'acquérir pour le Musée d'Art Contemporain que j'ai fondé dans les années 70 et à la réalisation duquel, avec son sens fraternel, Kijno m'a aidé en me faisant connaître tous mes amis peintres.En 1980 il représente la France à la Biennale de Venise avec une séquence de 30 toiles de 6 mètres de haut, le "Théâtre de Neruda" dont j'ai exposé une grande partie dans mon Musée de Dunkerque.

Vers la fin des années 80, Monseigneur Vilnet, évêque de Lille, décida l'achèvement de la Cathédrale Notre-Dame de la Treille, sous la direction de l'architecte Pierre-Louis Carlier, Kijno fut pressenti pour imaginer la grande rosace de la façade Ouest dans une paroi de marbre rose transparent comme un "buisson ardent" et une structure métallique de l'ingénieur Peter Rice, qui venait de terminer la construction de la pyramide du Louvre. C'est dans la crypte de cette cathédrale qu'avec l'aide, encore de mon ami Kijno, que j'ai pu réunir la totalité de ma collection sur le thème du Musée de la Passion dans laquelle beaucoup d'artistes contemporains ont pu témoigner depuis Andy Warhol jusqu'à Robert Combas. J'ai presque tout dit sur Kijno dans le cadre de cette exposition de Saint-Pétersbourg. Je veux pourtant terminer en faisant remarquer qu'il fait partie de ce qu'il est convenu d'appeler les peintres des années 50. Je considère que ces peintres sont des piliers fondamentaux de la peinture du XX° siècle sur lesquels je me suis solidement appuyé pour fonder mes deux Musées. Ils représentent pour moi un véritable maquis culturel indestructible.

Dans ce maquis, Kijno a toujours été téméraire et rigoureux combattant. C'est pour cela que je l'aime.

Salut mon frère."


Source : catalogue de la rétrospective Kijno au Musée Russe d’Etat Russe de Saint-Pétersbourg, 2006, Palace Editions

Photo Pierre Louis Carlier

 

Gilbert Delaine

Président de l'Association l'Art Contemporain à Dunkerque

Fondateur du Musée de la Passion à Notre-Dame de la Treille à Lille

"Parler ou écrire sur Kijno c'est se condamner à employer que des superlatifs, voire même d'en inventer tant le personnage est homme de paradoxes. Ses coups de gueule contre tout ce qui peut lui paraître une injustice sont redoutables et redoutés, ses emportements contre tout ce qui peut avilir l'homme sont célèbres. Il est excessif en tout ce qui le concerne, mais demandez-lui un conseil il vous prêchera la tolérance. Il se déclare agnostique. En fait il est mystique, admirateur de Sainte-Thérèse d'Avila et de François d'Assise et ne cesse de faire référence à son "Dieu inconnu" dont le mur élastique s'enfonce continuellement dans l'éternité quand on s'appuie sur lui.Après de rigoureuses études au petit séminaire et surtout à la faculté de Lille dans le cadre de la licence de philosophie et même au-delà, tout en échangeant une importante correspondance avec de grands esprits de l'époque comme Jean Grenier, Gabriel Marcel et plus tard Paul Claudel qui perle de lui, d'ailleurs, dans son journal.Un long séjour de 14 ans au sanatorium au Plateau d'Assy développera sa recherche ascétique et son goût pour la méditation. Il se consacrera de plus en plus à sa passion du dessin. Les choses vont se précipiter grâce à sa rencontre avec l'Abbé Devémy, fondateur de l'église d'Assy, qui lui demande de peindre la Cène de la crypte de sa nouvelle église à laquelle, avec l'aide du Père Couturier, rénovateur de l'art sacré, ont participé d'éminents artistes comme Rouault, Bonnard, Chagall, Lurçat, Germaine Richier, Braque, Bazaine, Lipchitz, Kijno hésite face à de tels artistes mais, comme il lui est demandé de le faire pour témoigner au nom des 3000 malades du Plateau d'Assy, après un long temps d'hésitation, il accepte. Pour un coup d'essai ce fut un coup de maître malgré le scandale que provoqua son interprétation de cette Cène.

 
 
 

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Photos des bandeaux par Alkis Voliotis, voir les photos entières